Etat d’urgence au Népal

Message de Tsultrim Sangmo Directrice de l’école de Manasarovar au Népal

Malheureusement, la situation dans les zones sinistrées devient de plus en plus dramatique chaque jour, à mesure que nous recevons des informations des familles liées à notre école. À ce jour, nous avons appris que quatre familles ont été directement touchées par la catastrophe. Elles ont perdu leurs maisons, leurs biens, leurs moyens de subsistance et, plus douloureux encore, des êtres chers. Nombre d’entre elles ont presque tout perdu et leur vie a basculé à jamais.
Des familles ont subi de terribles pertes, et nous restons très préoccupés par les difficultés émotionnelles et matérielles auxquelles elles sont confrontées.
Malheureusement, nous ne sommes toujours pas en mesure d’obtenir des informations complètes de la part de toutes les familles de nos enfants, car la communication et l’accès à certaines des zones touchées restent extrêmement difficiles. Nous continuons d’attendre avec anxiété de nouvelles informations.
La semaine dernière, nous avons parlé avec des parents de Timure et avons reçu des nouvelles particulièrement bouleversantes. Un de nos anciens élèves a tragiquement perdu ses parents, sa sœur aînée, ses deux enfants et plusieurs autres membres de sa famille. Nous sommes également très inquiets pour d’autres anciens élèves dont nous sommes toujours sans nouvelles.
Nous avons appris que de nombreux très jeunes enfants de moins de trois ans, qui n’étaient pas encore scolarisés, ont perdu la vie avec leurs parents. Certains enfants, déjà venus à Katmandou pour étudier dans différentes écoles, se retrouvent tragiquement orphelins.
On nous a rapporté qu’une dizaine de personnes seulement ont pu échapper à la catastrophe de Timure ce jour-là. Il est presque impossible d’imaginer l’ampleur de cette tragédie et les souffrances des survivants.

Les crues éclair ont causé des dégâts inimaginables. Maisons, véhicules, camions, marchés et moyens de subsistance entiers ont été emportés par la force terrifiante des flots de boue et d’eau. Les villageois, ainsi que les touristes et les pèlerins se rendant au mont Kailash, ont été pris au piège par la catastrophe, et certaines communautés ont été presque entièrement détruites.
Pour les survivants, le calvaire persiste. Nombre d’entre eux aujourd’hui hébérgés dans des monastères, ont vu leurs proches emportés par les flots et ont tout perdu en un instant.
Les équipes de secours travaillent sans relâche jour et nuit dans des conditions extrêmement difficiles. Épuisées par les recherches dans la boue et les débris, et par la tâche déchirante de récupérer les corps des victimes, elles sont soumises à une chaleur intense et à des conditions difficiles qui rendent leur travail encore plus éprouvant physiquement et moralement.

On craint de plus en plus que le nombre réel de victimes soit bien supérieur aux chiffres officiels communiqués par le gouvernement. Selon certains témoignages locaux, le bilan pourrait être beaucoup plus lourd, dépassant peut-être les 10 000 morts, même si le nombre exact reste inconnu car de nombreuses zones touchées sont encore difficiles d’accès et de nombreuses personnes sont toujours portées disparues. Nous espérons sincèrement que de plus amples informations permettront d’établir l’ampleur réelle de cette tragédie